Nommer vos glyphes comme il faut

  • by Rainer Erich Scheichelbauer
  • Tutorial
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De mauvais noms de glyphes (les geeks les nomment même ‘illégaux’) peuvent empêcher votre police de compiler correctement. Assurez-vous donc que vos noms de glyphes adhèrent à la convention de noms de glyphes.

En fait, Glyphs vérifiera ce que vous inscrivez dans un champ de nom de glyphe et vous évitera de causer des problèmes. Par exemple, si vous entrez ä, il devrait être automatiquement converti en adieresis. Si vous réussissez tout de même à glisser une erreur à cette étape, Glyphs se plaindra:

Par contre, si vous ouvrez une police qui a été créée dans un autre logiciel qui ne vérifie pas les noms de glyphes, vous pourriez faire face à des noms illégaux dans votre fichier Glyphs. Si cela arrive, ce qui suit vous sera très utile.

Noms agréables

Glyphs suit sa propre convention de noms, en particulier pour les scripts non latins comme le cyrillique ou l’arabe. Nous y référons en tant que noms agréables. C’est que nous croyons que beh-ar et Zhe-cy sont plus descriptifs que afii57416 et uni0416. Jetez un coup d’œil à Fenêtre > Informations de glyphe pour une liste de noms descriptifs de glyphes.

Comme vous pouvez le voir, il s’y trouve un bouton Ajouter à la police. Bien entendu, vous pouvez sélectionner plus d’un glyphe à la fois, simplement en appuyant sur Shift en même temps que vous cliquez pour sélectionner des glyphes successifs ou sur Cmd tout en cliquant pour des glyphes individuels.

Mise à jour des informations de glyphe

Une bonne façon de commencer pour corriger les problèmes de noms de glyphes est d’aller à Police > Mettre à jour les informations de glyphe. Glyphs tentera de synchroniser les valeurs Unicode et les noms de glyphes. Les noms de glyphes sont redéfinis aux noms par défaut tels qu’ils apparaissent dans la base de données de glyphes intégrée (voyez plus loin). Cependant, si vous employez des données personnalisées de glyphes, cela sera respecté lors de la conversion des noms.

Vérifiez les deux réglages suivants lorsque vous importez une police déjà existante: premièrement, la préférence générale Glyphs > Préférences… > Réglages utilisateur > Garder le nom des glyphes des fichiers importés. Ensuite, une fois cette option activée, les fichiers importés activeront automatiquement Fichier > Informations de police > Autres réglages > Utiliser des noms personnalisés. La conversion aux noms agréables ne sera donc pas effectuée. Ceci peut être pratique si vous avez besoin de faire l’intégration avec un plan de travail spécifié différemment.

Spécialités Unicode

Il peut parfois arriver que vous vouliez que votre glyphe corresponde à un certain caractère Unicode pour lequel il n’y a pas d’entrée dans les informations de glyphe. Un exemple typique est un caractère de la zone à usage privé (en anglais Private Use Area ou PUA) du plan multilingue de base (Basic Multilingual Plane ou BMP). Dans ce cas, commencez votre nom de glyphe avec uni, suivi du code hexadécimal (avec des lettres capitales), p. ex., uniE000. Notez qu’une fois la valeur Unicode est réglée, vous pouvez changer le nom pour ce que vous voulez, p. ex., twitterIcon. La valeur PUA Unicode sera conservée avec le nouveau nom.

Pour des glyphes qui correspondent à des Unicode qui ne font pas partie du plan multilingue de base, soit le Basic Multilingual Plane (BMP), le nom doit commencer par un u, suivi d’un code de 5 chiffres. Par exemple, le glyphe pour
U+10102 COCHE ÉGÉENNE se nommerait u10102.

Créez vos propres noms de glyphes

Si vous devez faire vos propres noms de glyphes, c’est une excellente idée de s’en tenir au schéma de noms suivant. Le premier caractère dans n’importe quel nom pour un glyphe exportable devrait toujours faire partie des caractères suivants:

ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ
abcdefghijklmnopqrstuvwxyz

C’est tout. Si le premier caractère n’apparaît pas ci-dessus, votre nom de glyphe est très certainement illégal et les policiers typographiques débarqueront, vous mettront derrière les barreaux, et pire encore, empêcheront votre police de compiler correctement.

Il existe cependant deux exceptions. Premièrement, les glyphes invisibles (non exportables) peuvent employer un tiret bas au début du nom. Voir ci-après pour plus de détails. Deuxièmement, il y a .notdef, un glyphe de remplacement pour les caractères de texte non définis. Souvent, c’est une forme carrée avec un X à l’intérieur, ou un point d’interrogation, ou, si vous n’en avez pas dessiné, ceci sera utilisé par défaut:

Donc, lisez bien mes lèvres: pas de tréma, ni d’accent, ou de signe délirant; que de simples lettres ASCII. Il s’agit bien de lettres, donc pas de chiffres non plus. Et particulièrement pas d’espace ni de virgule, pas de tiret, ou aucune autre ponctuation. Juste les bons vieux A à Z et a à z.

Pour le reste du nom de glyphe, vous pouvez aussi utiliser ceux-ci:

1234567890 (chiffres)
_ (tiret bas)
. (point)
- (tiret)

C’est tout. Encore une fois, pas d’espace, ni d’accent, aucune chouette forme sophistiquée que vous auriez envie d’utiliser. Mais prenez garde, certains de ces caractères ont une signification particulière.

Le tiret bas

Le tiret bas (_) est utilisé pour les ligatures. Le tiret bas connecte les noms des glyphes qui sont connectés par la ligature. Ce qui fait que les parties entre les tirets bas doivent être, encore une fois, des noms de glyphes valides tels qu’ils apparaissent dans la palette d’informations de glyphe.

Je sais, ça peut paraître compliqué, mais je vous assure que c’est facile. Imaginez que vous avez une ligature d’un f et d’un h, votre ligature s’appelle donc f_h. Vous voulez une ligature f et adieresis (ä)? Et bien votre ligature se nomme, vous l’aurez deviné, f_adieresis. Vous voulez faire de votre prénom une ligature? Faites une M_a_r_i_e ou P_i_e_r_r_e ou ce qui vous chante. Si vous vous en tenez à cette convention, Glyphs peut même construire la fonction respective de ligature pour vous.

Puisque la génération automatique de fonction place la plupart des ligatures dans dlig (ligatures discrétionnaires), vous pouvez utiliser l’extension .liga pour forcer une ligature dans liga (ligatures standards) à la place de dlig, p. ex., f_adieresis.liga. Lisez davantage à ce sujet dans le tutoriel sur les ligatures.

Les glyphes avec un tiret bas au début de leurs noms sont par défaut non exportables lorsqu’ils sont générés via Glyphe > Ajouter des glyphes… (Shift-Cmd-G). Donc, un tiret bas en tant que premier caractère dans un nom de glyphe est utilisé pour certains glyphes spéciaux, tels que les glyphes futés, les composantes en coin, des astuces pour composantes et autres trucs semblables.

Le point

Le point (.) est utilisé pour ajouter une extension descriptive au nom du glyphe. Dans de nombreux cas, il s’agira du nom de la fonction OpenType dans laquelle le glyphe doit apparaître, p. ex., e.ss01 pour le premier jeu stylistique d’un e bas de casse.

Si la partie avant le point est un nom de glyphe valide qui se trouve dans Fenêtre > Informations de glyphe, alors Glyphs peut faire le lien avec un caractère. Ce qui signifie que votre police fonctionnera mieux dans certaines situations, par exemple copier du texte d’un PDF composé dans votre police.

De plus, vous pouvez faire une version localisée d’un glyphe avec une extension .loclXXX où XXX est le Language System Tag, p. ex., adieresis.loclSVE pour un ä suédois bas de casse ou oacute.loclPLK pour un ó polonais bas de casse. Glyphs peut se charger automatiquement de la fonction locl.

À l’occasion, la relation entre les suffixes de noms de glyphes et les badges de fonctions OpenType est plus complexe qu’une simple relation de un à un. Par exemple, .sc activera les deux fonctions bas de casse, smcp et c2sc. Une constellation de trois sur les quatre suffixes .osf, .tosf, .lf et .tf sollicitera les fonctions de chiffres appropriées. Pour une liste complète des fonctions OpenType qui peuvent être automatisées par l’attribution judicieuse de noms de glyphes, voir l’annexe du manuel Glyphs, que vous pouvez télécharger gratuitement de la page Get Started (en anglais seulement pour le moment).

Le tiret

Glyphs utilise le tiret (-) pour annexer un système de script, p. ex., -cy pour le cyrillique, -ar pour l’arabe, -deva pour le devanagari et ainsi de suite. Mon préféré est -phaistosDisc, juste parce que. Ouvrez votre palette d’informations de glyphe et tapez un tiret dans le champ Rechercher pour voir quels scripts s’y trouvent. Cela vous donnera une bonne idée.


Mise à jour 2012-09-21: ajout d’un paragraphe au sujet des Unicode non BMP.
Mise à jour 2015-09-21: mise à jour pour Glyphs 2.
Mise à jour 2016-12-06: mise à jour des captures d’écran, correction d’erreurs typographiques, réécriture partielle.
Mise à jour 2019-07-06: mise à jour du lien AGL, merci, Norbert Lindenberg.
Mise à jour 2019-08-07: correction d’une erreur typographique dans la version anglaise, merci, Nathalie.
Mise à jour 2019-10-17: remplacement par le nom Unicode en français.

Traduction française de Nathalie Dumont.